« Le thème de l’autonomie est particulièrement d’actualité avec le PACEA », Marie-Laure Pineau, conseillère

Début mai, la Mission Locale de La Rochelle-Ré-Pays d’Aunis a organisé une journée d’échange et de travail sur le thème de l’autonomie et de l’accompagnement des parcours en Mission Locale, s’inscrivant dans la continuité du séminaire collaboratif organisé par l’Institut Bertrand Schwartz en novembre 2016. Retour sur les travaux de cette journée, co-animée par l’Institut Bertrand Schwartz, avec Loïc Hug, directeur et Marie-Laure Pineau, conseillère. L'occasion également de réinviter les Missions Locales intéressées par le sujet à prendre directement contact avec l'Institut.

Pourquoi avoir choisi d’organiser une journée de réflexion sur le thème de l’autonomie ?

L. Hug : Les Missions Locales connaissent de multiples bouleversements. La mise en place de nouveaux dispositifs, notamment, conduit les professionnels à se poser des questions sur le sens de leur métier. Il est donc primordial de leur donner des espaces et du temps pour réfléchir à leurs pratiques et aux objectifs que l’on poursuit avec les jeunes que nous accompagnons. L’autonomie est une bonne manière de questionner nos pratiques : pourquoi et comment accompagne-t-on les jeunes ?

L’objectif de la journée était donc de se donner le temps de la réflexion et d’être force de proposition pour faire évoluer nos outils et pratiques. C’est une manière de sortir de la complainte de l’injonction paradoxale : effectivement on nous impose des cadres d’action toujours plus contraints que ce soit au plan administratif, financier, etc. Mais ces contraintes, nous devons faire avec, et elles ne doivent pas nous empêcher de réfléchir à notre action et d’avoir nos propres critères d’évaluation du travail que nous menons avec les jeunes.

En novembre 2016, j’avais participé, avec une professionnelle de la Mission Locale, au séminaire sur l’autonomie et l’accompagnement des parcours en Mission Locale, organisé par l’Institut Bertrand Schwartz à Paris. Ce fut un temps de travail extrêmement riche et qui nous a permis de faire avancer la réflexion, à travers l’échange avec des professionnels d’autres Missions Locales. L’organisation d’une journée dédiée à cette réflexion nous a semblé être la modalité la plus pertinente.

Qui sont les professionnels qui ont participé à cette journée ?

L. Hug : La journée était ouverte à tous les professionnels de la Mission Locale, sur la base du volontariat. Je pars en effet du principe que pour s’engager dans ce type de réflexion sur son métier et sa pratique, il faut en avoir envie.

Par ailleurs, j’ai proposé aux collègues des Missions Locales du département de se joindre à nous. Les collègues de trois Missions Locales, directeurs et professionnels, ont donc également participé à cette journée. Cela contribue à la dynamique départementale et permet de confronter nos points de vue et pratiques.

Quels sont les interventions et échanges de la journée qui vous ont le plus marqués ?

M-L. Pineau : J’ai beaucoup apprécié l’intervention de Julie Erceau de l’UNML qui est intervenue pour le compte de l’Institut Bertrand Schwartz, sur le thème de l’autonomie : de ses possibles définitions et de la manière dont le concept a été traduit dans le temps dans les politiques publiques. Cela m’a permis de prendre du recul et de mieux situer et comprendre l’histoire des Missions Locales et leur évolution.

L’autonomie on l’aborde tout le temps mais on n’en discute jamais ! Travailler sur cette question est particulièrement d’actualité avec la mise en place du Parcours d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA) : l’autonomie est affirmée comme un objectif de l’accompagnement et tant mieux.

L’après-midi, vous avez travaillé en sous-groupe sur la définition de l’autonomie et des indicateurs qu’il serait important de prendre en compte pour mesurer, avec les jeunes, leur progression en termes d’autonomie. Que ressort-il de cet exercice ?

ML. Pineau : Ce n’est pas un exercice facile, car chaque professionnel est empreint de son expérience en Mission Locale et du temps passé au sein de la structure, qui est plus ou moins long selon les professionnels.

Nous n’avions jamais effectué un tel travail collaboratif. C’est donc très positif à mon sens : malgré nos différences de visions, nous sommes quand même arrivés à un consensus et il est ressorti une mine d’idées de nos échanges en sous-groupes.

Pour ma part, je retiens de ces échanges que l’essentiel dans notre travail d’accompagnement est d’amener le jeune à réfléchir au début de son parcours, au chemin en cours et jusqu’où il souhaite aller, pourquoi ; quelles sont les étapes qu’il reste à franchir. Cela appartient à chaque jeune.

Comment imaginez-vous les suites à donner à cette journée ?

M-L. Pineau : La journée a été une première étape pour faire bouger les lignes. Mais, comme on se l’ait dit collectivement en fin de journée : le travail amorcé doit se poursuivre et aboutir à la mise en place d’actions concrètes. Sans cela, toute la réflexion menée jusqu’à présent sera perdue et n’aura pas servi à grand-chose.

L. Hug : Nous devons encore définir, en lien avec l’Institut Bertrand Schwartz, la méthode avec laquelle nous allons poursuivre le travail engagé. L’équipe a beaucoup d’attentes et d’envies, pour faire évoluer nos outils et partager ensemble une vision de commune du sens de notre action auprès des jeunes.
Je souhaite aussi que ce travail s’inscrive dans une dynamique départementale et nationale. Ce sont des sujets qui traversent le réseau et nous ne devons pas avancer seul.

RAPPEL/les Missions Locales intéressées peuvent contacter directement l'Institut

Deux axes de travail retenus par l'Institut Bertrand Schwartz et l'UNML suite au séminaire de l'Institut des 15 et 16 novembre 2016 :

  • la coopération des jeunes et leur place au sein de la Mission Locale
  • les outils et méthodes d’évaluation de l’autonomie en Mission Locale

Les Missions Locales n’ayant pas participé au séminaire de l'Institut Bertrand Schwartz mais qui sont intéressées pour s’impliquer dans ces travaux sont invitées à prendre contact avec l’Institut : envoyer un email